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Cafés Philos et Nouvelles Pratiques Philosophiques
Penser par soi-même

Vendredi 07 Juin 2019

La mort est derrière moi

 La mort est derrière moi




La mort est derrière moi
Toute perception est nouvelle, toute émotion, toute pensée.
A chaque moment, je nais.
La mort est derrière moi.
Bruno Magret

bruno - 10:06 - rubrique > Le coin poésie - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Dimanche 28 Août 2016

Le "moi" n'est qu'un jeu de l'égo

 Jeu de l'ego

Dans l'univers, un grand enfant joue avec des cubes. Les étoiles scintillent autour de lui et une rivière de lumière coule de ses yeux.
Son regard halluciné suit les gestes fébriles, avec lesquels il entasse et entasse des cubes les uns sur les autres.
Dans ces boites, il y a des personnages qui crient vers l'enfant : "Ouvre-nous ! Nous n'avons pas d'ouvre boite !". Mais plus ils crient, plus l'enfant entasse des cubes sur leurs cris.
Une immense pyramide de cubes s'élève bientôt à la conquête de l'univers rempli d'étoiles, dérisoire comme une échelle qui voudrait le ciel.
Le personnage du dernier cube hurle : "Mais veux-tu que tout le monde s'emboite ?"
Dans sa rage, l'enfant pose alors le dernier cube et la pyramide s'effondre. Les étoiles chuttent. La rivière de lumière se fige dans les yeux de l'enfant et se transforment en larmes.
Alors bébé crie " Sortez-moi de ma boite !"

Bruno Magret
 
 

bruno - 09:43 - rubrique > Le coin poésie - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Mercredi 16 Septembre 2015

Hommage à la Vie

Prière laïque

Hommage à la Vie
(Prière laïque)



Hommage à la Vie, à l'Être !
A la Source de tous les êtres,
Par-delà le temps, Eternelle !
Que nous soyons unis vers Celle
A qui nous offrons nos hommages.

Louée sous tant de noms divers,
tant de cultes sur toute la terre,
Elle qui transcende tous nos savoirs,
Elle est l'Immanence et l'Espoir.
Mystère de la vie et de la mort,
Qui nous dépouille mais nous rend fort,
A jamais Inconnaissable,
Libre parce qu'Insaisissable.

Hommage à Elle, encore hommage !

Elle qui est Amour et Sagesse,
Désir, Idée et Ivresse,
Intelligence, Grâce et Beauté,
Puissance, Esprit et Pure Bonté.
A Celle qui porte les plus beaux Noms
Comme
une musique aux plus beaux Sons.
Innommable, Indicible
Elle reste notre seule Bible.

Hommage à Elle, encore hommage !

A la Pure Créativité
Qui nous conserve par sa Bonté,
Qui nous détruit pour renouveler
Pour Créer et toujours Créer.
A la Vie, qui est Proximité,
Plus proche que notre intimité,
Bien plus profonde que l'abîme
Et bien plus haute que toutes les cîmes.

Hommage à Elle, encore hommage !

A Celle qui réside en tout être,
Pour qui nos yeux sont des fenêtres.
A Celle qui habite dans nos coeurs,
Par delà bonheur et malheur.
A la fois notre Mère, notre Père,
Elle est l'Enfant, la Soeur, le Frère.
Elle est aussi l'Amant, l'Amante.
Elle est l'Ami, la Confidente.

Hommage à Elle, encore hommage !

Elle est le Pauvre et l'Emigré,
Le Juste que nous avons blessé,
Le Prisonnier et l'Affligé
Que nous n'avons pas visités.
Elle est Présence dans notre absence,
Absente dans notre complaisance.
Elle est Mendiante, si nous sommes rois,
Mais Reine, si nous avons la Foi.

Hommage à Elle, encore hommage !

Elle sacrifie son Unité.
Pour tous les êtres, Elle s'est donnée.
La seule prière à lui offrir,
Vivre pleinement et Mourir.
Son Sacrifice est le plus Pur.
C'est le Sang qui brise tous les murs.
C'est le Don qui peut tout racheter,
Nos erreurs comme notre passé.

Hommage à Elle, encore hommage !

A la Vie qui est Appétit,
Que l'on croque d'une Dent infinie,
Qui se fait plus douce que le fruit
Et dévore goulûment nos vies.
C'est le Bon Pain et le Bon Vin
De ce Repas sacrificiel.
A ce Banquet, nous sommes tous Un,
Elles est nous tous et nous sommes Elle.

Hommage à Elle, encore hommage !

A Celle, qui étant Invisible,
Prend toutes formes et devient Visible,
Se dévoile à travers le Voile,
A travers l'atome et l'étoile.
Nous avons tout perdu Ô Vie !
Nous sommes égarés dans la nuit.
Nous ne savons plus comment prier.
Je t'en prie, vient nous éclairer.

Pour te rendre hommage, encore hommage !

Les ténèbres sont déjà vaincues
Et ta Gloire est déjà connue.
Nous sommes vainqueurs, car nous sommes nés.
Nous sommes Vivants, nous sommes sauvés.

La Vie est un Don éternel.
Il faut le prendre à tire d'Ailes.
Ce qu'Elle donne, n'est jamais repris.
Si tu y crois, tu as la Vie.

Hommage à Elle, encore hommage !

Bruno Magret

Le vieux poêle



Loin, dans la campagne se cache une chaumière.
Quand la neige gagne, quand le froid de l'hivers,
Fait frissonner ses gonds, glace ses vieilles pierres,
Elle a dans son girond un vieux poêle toujours fier,
De réchauffer son coeur, de parfumer son âme,
De ses douces senteurs d'érable et d'acacia.
Il étincelle, crépite et craque pour la dame.
Et la braise palpite comme les premiers pas
D'un amoureux transit pour sa tendre beauté.
Le vieux poêle revit, se met à rougeoyer,
Comme un tendre matou se prend à ronronner.
Et par petits bouts la chaumière s'étire.
Au rouge de ses joues, on la sent qui délire
Sous le feu bien ardent de son vieux compagnon.
Alors ce chaud amour attire en son girond,
Le voyageur transit par la glace et le froid,
Qui au vieux poêle, ravit, vient y chauffer ses doigts.

Bruno Magret

 Le Bâtard



De l'effroyable Nuit, de l'interminable Flux bacchanal, j'ai surgi.
Et comme le Nouveau-Né je crie : "Je Suis ! "
Dans l'Accident sans fin, Je suis le petit Point, L'à peine construit.
Je suis l'Impossible Elan au milieu de tant d'irréversibles impossibilités.
Je suis le Germe de Vie au coeur de tant de tentatives avortées.
Malgré les chaos qui m'ont maudit, J'ai surgi de l'insondable Nuit et Je Vis !
Je suis l'Inespéré, jamais personne ne m'a désiré.
Pour marâtre, Je n'eu qu'une prostituée, pour géniteur, un de ces anonymes lâche et marié.
Sans père et sans mère de ma propre Lumière, Je Suis Né !
Ce fut dans un hôtel borgne et sans jour où plus rien ne se prétend pour toujours.
Pourtant, dans la solitude de ce vain bonheur, dans cette chambre à peine chauffée, Moi le Bâtard, comme un voleur, J'y dérobais l'Amour volé.
Cette rencontre était ma Ruse et que m'importe vos morales si J'en use.
De cette Joie délaissée au fond du lit sale et froissé, Je Suis Né !
Malgré cet ébat sans soleil, J'y ai trouvé Merveilles, J'en ai racheté toutes les Etincelles.
Tant de forces contraires contre Moi s'étaient liguées, afin que ma Venue fut avortée.
Ils tentèrent tout, pour de moi se préserver. Mais Je me ris de leur légitimité, Je suis l'Illégitime et Je Suis Né !
Enfant, Je me joue des règles et des vanités.
De Naître et de Mourir, J'ai décidé.
Mon Innocence peut tout renverser. Mon Ignorance peut tout maîtriser.
Je suis cet Impossible Germe de Vitalité, viens te réchauffer à ce feu guerrier.
Je suis le pur Hasard, la Providence manisfestée au coeur de tant d'hostilités.
Je suis l'Erreur confondant sages et savants, en toute Simplicité.
Je suis l'Inconnu des sciences exactes, bousculant le pédant. Je suis l'Inattendu.
Je suis le Sombre, le Solitaire et Je me ris du plus grand nombre.
Je suis l'Egal et tous ces mensonges : le droit l'égalité...me sont égal.
Je suis le Miracle oublié par vos pères au fond de vos poubelles et Je me moque de vos dentelles.
Je suis Eros, Je suis l'Exclu, Je suis le Prince rejeté au coin de vos rues.
Je suis le Rat qui grouille à vous apeurer dans les égouts de vos pensées.
Je suis la Femme, la Mal Aimée, mais je vous séduis, quand dans vos rèves, Je vous envoie tous mes Oiseaux de nuit.
Je suis descendu au coeur de vos enfers.
Je suis l'Inadmissible Vie qui en revient toujours plus fière.
Je suis l'Unique et sur vos similitudes, Je me suis assis.
Sur vos déchets même, Je revis et Je me Reproduis à l'infini.
Auprès de Moi, vous n'êtes pas. Vos beautés et vos richesses sont ternes et sans éclat.
Moi le Fragile, Je suis Puissance et Je suis Joie. Je n'ai peur ni de l'errance, ni de l'exil.
Je suis Ténèbres pour vos lumières et vos foyers, hors d'atteinte, là où vous n'osez aller.
Je suis l'Inconscience qui circoncit cet appendice que vous nommez "conscience".
Je la dévore, car la mort même je l'ai mangée.
Je suis la Vie et Je suis la Mort.
Je suis l'Ivresse de vos vies raisonnées.
De vos routes fléchées, Je suis le Chemin de traverse.
Je suis l'Orgueil et devant moi, vous paraîtrez.
Je suis le Rire au moment même où vous mourrez.
Je suis le Bâtard de vos instants et le Désir ardent qui vous surprend.
Je suis la Faim, Je suis l'Amour, Je suis sans fin.
Je suis l'Ogre qui se nourrit de vos vies sobres.
Mes Dents sont saines, n'ayez pas peur.
Mes Morsures sont des Brulures de Bonheur, car Je vous aime.
Mais quoi donc ! Je vous inspire de la terreur ?

Bruno Magret

bruno - 16:37 - rubrique > Le coin poésie - Version imprimable - Permalien - 5 commentaires

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